mercredi 8 mai 2013

La pratique psychanalytique comme Règle, dispositif et mise en scène


Davantage qu'un nouveau genre de discours, la psychanalyse a inauguré une nouvelle pratique parlée qui bouleverse les liens culturellement établis entre la parole et l'écriture. Dépassant la contradiction du conte, qui est une parole sans auteur, et du journal intime, qui est un écrit sans lecteur, l'interlocution analytique fait exister une parole se donnant à lire de la place d'un tiers où se tisse une œuvre commune d'un type absolument inédit, pas plus désireuse de "rester" comme un écrit majeur que de s'évaporer comme simples "paroles en l'air". Il est un fait que cette parole émise par l'analysant, tout en étant rigoureusement gardée de tout passage à l'écriture, s'avère aussi risquée et lourde de conséquences que si elle connaissait une immense publicité. Or cette production inédite n'est pas le résultat d'une technique sûre appropriée à une théorie non moins certaine, mais dépend de la mise en place et du respect d'une simple Règle du jeu qui épuise l'essence pratique de la psychanalyse. Il s'agit bien sûr de la "règle fondamentale" édictée par Freud qui commande à l'analysant de s'exprimer le plus librement possible sans chercher à ordonner ses dires à la logique des idées ou aux convenances habituelles ; c'est en parvenant ainsi à laisser se dérouler le flux associatif que le sujet est en droit d'attendre de l'analyste qu'il lui fasse entendre ce qu'il aura lu dans ses propres paroles, participant ainsi à l'œuvre commune du lieu d'une lettre ou d'une écriture absente, mais qui ne serait pas lecture vaine. La "Règle du jeu" plutôt que la "méthode" de ce type d'expérience relèverait plutôt d'une éthique, disons même de l'éthique immanente d'une pratique, plutôt que d'une technique dont il faudrait s'étonner alors qu'elle n'ait pas varié d'un pouce depuis les premiers conseils de Freud. On n'a visiblement pas retenu qu'il ne s'agissait que de conseils, encore que de conseils très sérieux. Il a fallu travestir l'invention de Freud en prétendue découverte scientifique et faire de l'hypothèse de l'inconscient un domaine nouveau mais banal du savoir culturel pour oublier l'éthique inventive, au profit d'une technique figée et d'une institutionnalisation de ses règles. Entendons-nous : les règles ne varient en fonction des avancées de la théorie - encore ne s'agit-il le plus souvent que de transgressions salutaires (ainsi de la part de Lacan) - que dans la mesure où elles restituent ou approchent un peu mieux la Règle éthique qui, tout en étant flexible par essence, n'est pas pour autant "améliorable" : son essence n'est pas de se conformer à la théorie et encore moins à une prétendue science. Ce qui rend simplement possible la pratique analytique axée par la règle fondamentale n'est pas négociable, ne l'a jamais été, mais a été découvert, accepté et pratiqué de fait depuis le début de la psychanalyse. Il faudrait plutôt s'étonner qu'une exhaustion de ces règles élémentaires n'ait pas jusqu'alors été tenté, si l'on considère que les quelques impératifs où se reconnaissent les "orthodoxes" de l'IPA ne concernent, en fait de règles, que le dérisoire des habitus et du folklore (durée fixe des séances, pérennité du divan, etc.). Revenons-en plutôt aux « choses mêmes » de la pratique, sans se leurrer sur le statut théorique variable des "choses" en psychanalyse, rencontrées par Freud comme réalités "se soustrayant au jugement" ou isolées par Lacan comme "objets 'a'" : leur abord direct par la théorie, en dehors de la pratique effective de l'analysant, masque le fait qu'il s'agit avant tout des faits de la parole elle-même dans le cadre circonscrit de cette pratique. En tant que parole dite et entendue, le fait n'a ici aucun statut scientifique, a fortiori paradigmatique. Il convient là encore de séparer radicalement science et éthique pour affirmer, en psychanalyse, la priorité absolue de la seconde en tant qu'il y va d'un sujet et de sa demande, sans parler de sa souffrance et des risques réels qu'il encourt. Il s'agit d'une partie qui se joue à deux, ne l'oublions pas. L'éthique que constitue la psychanalyse postule en effet que la règle applicable à l'analysant lui enjoignant de dire n'importe quoi se réfracte du côté de l'analyste en obligation de ne pas faire n'importe quoi, puisque si celui-ci n'est pas tout à fait maître du jeu il reste quand même responsable des modalités de son déroulement. Au départ il y a l'invention un peu folle de la règle fondamentale, mimant avec humour ou provocation le déterminisme scientifique le plus absolu : parlez sans vous soucier du sens de ce que vous dites, cela n'en sera que plus significatif à partir du moment où vous pensez que, moi, psychanalyste, je ne suis pas un insensé. Un jeu, un pari, peut-être même un "coup de bluff" qui n'en produit pas moins ses effets dès lors qu'il engage une partie réelle et construit un lien durable entre deux sujets qui en attendent nécessairement quelque chose (disons quelque chose comme le "bénéfice d'une perte", pour tous deux et pour des raisons différentes). Si l'on postule une règle au fondement d'une pratique qui avoue plutôt être une éthique, l'on doit souligner d'emblée son caractère biface comme reflétant le réel d'une rencontre, certes à renouveler dans la parole mais aussi à ménager au moyen de règles concrètes fixant des limites spécifiques, que le simple bon sens ou l'expérience de chaque psychanalyste impose pour permettre à la règle fondamentale de fonctionner.

L'imprécision et la liberté du dire, en psychanalyse, suppose donc la précision et la rigueur d'un faire qui concerne autant le praticien que le patient, et ne peut donc à ce titre relever d'une simple "technique" imputable à un seul agent (qui serait en outre réputé savant). Pour désigner cette dualité originelle du couple analytique et donner une idée de son mode de fonctionnement, j’emprunterai à Jacques Nassif (Le bon mariage : l'appareil de la psychanalyse, Paris, Aubier, 1992) le terme et surtout le concept d'"appareil" qui fut déjà utilisé par Freud pour une description des instances du psychisme d'un point de vue topique. Nassif parle d'un "appareil de la psychanalyse" en conférant à ce terme la vertu de surmonter certaines oppositions telles que la technique et la théorie, ou bien l'analysant et l'analyste puisque le mot "appareil" et ses dérivés (comme "appareillage", etc.) connotent l'association de deux éléments "pareils" mais dont la reconnaissance ou l'identification doit passer par un tiers, d'ailleurs absent de l'appareillage. C'est cet appareil, ce "deux" qu'il convient de poser en premier dans l'expérience analytique, même si le statut de cet appareil psychanalytique est triple selon Nassif, ce que confirme l'analyse sémantique du mot et la dimension anthropologique de la notion d'appareil : "L'acte psychanalytique comporte, en effet, un premier registre qui est celui d'une mise en scène pour la consumation d'un bien, dépense rendue, en général, nécessaire soit par une situation belliqueuse soit pour des raisons religieuses. Son deuxième registre est celui de la suppléance, puisqu'il est constatable qu'un corps parvient à satisfaire ses besoins à travers toute une série d'éléments théoriques ou pratiques prolongeant et multipliant ses capacités d'action. Enfin, son troisième registre est celui de la supposition, puisqu'il y a toujours lieu de tenir compte du fait que le sujet attribue à un texte soit de loi soit de consignation d'un savoir, une intention dont il fait une volonté à laquelle il devra se soumettre ». Ainsi se trouve évoquées successivement les trois phases de l'élaboration de cet appareil : d'abord une "situation" engageant des modalités précises relatives au lieu, au temps et à l'argent, puis la fabrication d'un "praticable" (comme on le dit au théâtre) qui révèle la nécessité d'une fiction-sans-croyance, enfin l'appareil proprement dit destiné à lire une lettre absente, et donc à fabriquer un certain savoir. La thèse de Nassif est que cet appareil existe et fonctionne dans le quotidien de la pratique analytique sans qu'on puisse y déroger, car loin de constituer une modalité technique il est inhérent au lien analytique lui-même depuis que celui-ci a été inventé par Freud.

Son authenticité se vérifie notamment dans ce qu'engagent à la fois de semblant et de vérité les deux protagonistes en tant qu'ils sont pris dans une même situation, des repères spatio-temporels communs et un certain type d'échange économique. Il apparaît alors, que cela concerne le lieu réservé à l'analyse, la fréquence et la durée des séances ou les modalités du paiement, qu'un certain nombre de conditions est nécessaire pour s'assurer que l'analyste ne simule jamais son faire mais en revanche ne puisse jamais être vraiment ce que l'on suppose qu'il est (psychanalyste = savant), alors qu'inversement l'analysant ne peut jamais simuler son être et sa place (psychanalysant = souffrant) alors que son travail n'a pas de tendance plus naturelle que de piétiner et de se refuser, comme l'avait bien noté Freud. A vrai dire, il ne faut pas confondre l'appareil proprement dit et la situation qui le sous-tend ; néanmoins, toutes les règles élémentaires qu'elle entraîne visent déjà à instaurer ce rapport inédit entre l'oral et l'écrit qui fait le fond, comme on l'a dit, de l'invention freudienne et permet à l'appareil psychanalytique de fonctionner. Nassif n'hésite pas à comparer cette invention, dans son originalité radicale, à celle de l'imprimerie et les mutations qu'elle occasionna dans le monde moderne ! Cette comparaison n'est peut-être pas inutile pour rappeler combien avec l'appareil analytique il semble au contraire urgent et novateur de séparer l'éthique de la science, les règles conditionnant la fabrique d'un savoir sur une lettre absente n'ayant strictement rien à voir avec une technologie scientifique. Nous n'allons évidemment pas ici énumérer ces règles, mais simplement prendre quelques exemples. Relativement au lieu, tout d'abord, rappelons comment en psychanalyse le pouvoir d'interpréter se trouve quasiment transféré du médecin ou du maître au lieu lui-même qui prend en tant que tel une importance décisive. On sait notamment que le moindre changement intervenant dans ce cadre souvent inamovible peut être perçu par l'analysant comme lui étant tout spécialement adressé. Le dispositif spatial est réglé sur le fait qu'une parole se donne à lire et non simplement à entendre, à condition de dissocier l'émission de la voix d'avec la surveillance du regard - c'est la seule justification du fameux et ô combien symbolique divan du psychanalyste. La question du temps et du rythme des séances doit dépendre des mêmes considérations - rigoureusement éthiques - et de nulle autre : il s'agit par un écart forcé et approprié de "rendre lisible l'ensemble des repères symboliques auxquels est resté anachroniquement fixé le temps du sujet" comme l’écrit très Nassif. Aussi, le rythme des séances doit-il être imposé et strictement régulier, sans aucune dérogation de présence, afin que le temps de l'analyse vienne forcer et modifier quelque peu l'emploi du temps du sujet ordinairement construit autour de la jouissance du symptôme ; inversement la durée des séances doit-elle rester libre et sanctionnée par une "ponctuation" qui manifeste la dimension de lecture de l'acte de l'analyste et brise, non cette fois par la régularité impitoyable mais par la surprise pertinente, le confort des emplois du temps bien huilés. Enfin, question argent, s’il est notoire que les analystes réclament autant que possible un paiement en espèces, ce n’est pas pour soustraire cette obole à leur comptabilité mais pour mieux éviter qu'entre l'analyste et l'analysant n'intervienne sous une forme matérialisée et réelle l'instance tierce de la lettre, qui en tant que symbolique devrait rester éminemment absente : "dépenser son argent de la sorte doit octroyer à l'analysant la possibilité de jouer avec la parole sans être pour autant jamais contraint de signer ce qu'il énonce" écrit Nassif (toujours aussi juste) à ce sujet.

Si la "situation" que nous venons de décrire sous le triple aspect du lieu, du temps et de l'argent n'est pas identique à l'appareil proprement dit, elle n'en constitue même pas encore le cadre que Nassif préfère appeler d'un terme emprunté au vocabulaire du théâtre : le "praticable". Il s'agit comme on le sait d'une construction éminemment provisoire permettant de commencer à jouer une pièce, dont on pourrait dire qu'elle est devenue par cet artifice supposément jouable. Il en va de même pour l'analyse : comme se surimposant au premier niveau de la "situation", vient un moment où avec les circonstances de son commencement réel - le rendez-vous chez le psychanalyste - la singularité du "jeu" mais également de la mise en scène éclate enfin, écartant toute possibilité d'universalisation. Ne nous leurrons pas : la situation analytique elle-même, décrite in abstracto, ne serait qu'un rêve si l'on ne bâtissait sur cette base le particulier d'un praticable. Le praticable est ce qui permet effectivement l'institution de la règle, y entraînant le couple récemment formé, et en suppléant provisoirement au savoir que les sujets "appareillés" sont censés produire. Le recours à un tel vocable et la référence massive au théâtre dans le livre de Nassif n'est certes pas le fait du hasard : "Son usage est pour moi la concrétisation d'une hypothèse de recherche qui est la suivante : si Freud a pu fabriquer de toutes pièces une institution nouvelle, et qui tient encore, c'est peut-être parce qu'il était un bon connaisseur de la situation théâtrale. Tout laisse, en effet, à penser qu'il a produit, à partir du moment où se sont déployées les règles que j'ai retracées, un type de fiction ayant à voir avec une scène". A ceci près que la force persuasive de cette fiction nouvelle repose sur l'inversion de l'axiome théâtral qui veut que la personne même de l'acteur, le sujet, joue des personnages irréels ayant souvent l'air très sérieux ; la règle analytique stipule au contraire que le sujet analysant ne joue pas bien qu'il ne soit jamais réellement lui-même, mais représenté par des signifiants plus ou moins cocasses, et cependant douloureusement réels et incarnés.

Puisque l'on a appris à distinguer la situation du praticable, séparons soigneusement dans la mise en place de la règle fondamentale "l'éphémère de son praticable et le nécessaire de son appareil, en posant au départ que le praticable est bâti sur l'exclusion d'un tiers alors que l'appareil est convoqué d'abord pour identifier la série de ces tiers exclus, ensuite pour tenter leur réintégration ailleurs et dans un autre temps : après les séances et dans la vie même". L'on assiste donc dans cette troisième phase à un retour en force des tiers et des ternaires. C'est justice dans la mesure du moins où le tiers comme tel, et non telle incarnation toujours malvenue, fait figure de paramètre et même de guide, pourrait-on dire, pour la règle elle-même. En restituant le sens de ses paroles à un tiers absent mais reconnu comme inconscient, le sujet pourra faire montre d'humour envers l'institution et la situation, manifester de l'ironie pour le praticable et son usage et sera même capable de rire de l'appareil de la psychanalyse dans son ensemble. Réaffirmons néanmoins que le but est la conquête d'un savoir, à gagner sur le flux imprévisible de la croyance, lorsque la fiction du praticable ou l'illusion de la situation prennent trop d'ampleur et empêchent finalement le bon usage de la règle. Celle-ci suppose justement qu'en un troisième moment la fiction le cède à la supposition d'un savoir que le principe même de la règle implique, en l'occurrence que du vrai puisse découler de l'ignorance que le sujet exprime et avoue dans sa plainte dès lors qu'il se sera laissé convaincre de tout dire. Le lieu d'un tel savoir ne peut être qu'une lettre absente de l'appareil, sans doute représentée d'abord par l'analyste (ou son "lieu" comme on l'a dit : on va "chez son psychanalyste") mais jamais matérialisée dans la cure sous forme d'un écrit quelconque ; il faut d'emblée remiser l'écrit ou le miser perdu si l'on veut placer aux commandes l'implication qu'à partir du symptôme et sur lui un savoir est supposable en droit, supporté par une lettre absente. Il est bien clair que toute écriture issue malencontreusement de la fonction du psychanalyste réduirait le champ et la portée du supposable et de la vérité que l'analysant pourrait en déduire sur lui-même. Pour cela, il est concrètement nécessaire que l'analysant prenne toujours la parole en premier afin qu'aucune consigne écrite, pré-écrite, prescrite, provenant de l'Autre ne puisse l'atteindre et, comme on dit, l'influencer. Il faut ensuite, et pour les mêmes raisons, que l'analyste se contente de répliquer sans opiner ou asserter aux paroles entendues (et bien sûr en se dispensant de prendre des notes, occupation contraire à l'écoute flottante). Il s'agit au total d'une interlocution d'un type particulier, où le discours dépend entièrement de l'implication des pensées incidentes (ou "association libre") englobant aussi bien les propos de l'analysant que les possibles répliques de l'analyste. Un tel échange repose donc sur l'efficace d'une énonciation orale émise par l'analysant venant à la place (au deux sens de l'expression : en lieu et au lieu) d'une lettre nécessairement absente, énonciation soumise à la lecture elle-même orale (et non la simple audition) d'un analyste. Absente matériellement pendant le cours de l'analyse, cette lettre dans son absence en acquiert par-là même un statut littéralement exceptionnel : elle passe à la dimension d'instance, comme l'a très bien thématisé Lacan dans un texte célèbre.

On connaît la formule de Lacan selon laquelle la lettre doit être prise "à la lettre", "tout uniment ». Il y a presque quelque chose de tautologique dans l'expression "instance de la lettre" en tant qu'elle vise un réel, une immanence - l'instance est bien le littéral, l'ordre propre de quelque chose - mais qui ne pourrait être prise en considération que sur le mode de l'absence et du tiers exclu dans le praticable de l'analyse. Mais la lettre doit être reconnue et déployée différemment dans l'appareil proprement dit et au-delà : c'est-à-dire qu'à ce moment là le sujet incarne cette instance mais n'est plus assujetti à telle ou telle lettre particulière. Dans le praticable, n'oublions pas que l'instance ou la lettre s'identifie au niveau de l'implication, soit le symptôme lui-même, le non-vrai dont on peut tirer du vrai : il y a du symptôme, veut dire il y a du praticable, il y a de la pratique analytique. Dans le fonctionnement de l'appareil qui évidemment ne vient pas après mais se surimpose au praticable, le sujet assume directement cette instance, essaie de se compter comme tiers, de redonner toute sa place au "il" auquel s'adresse le "je" lorsqu'il parle à "tu", etc. Il y a du sujet, à nouveau il y a de la pratique, il y a de la psychanalyse.

La psychanalyse cherche manifestement à s'imposer comme pratique au point que cette pratique devient son instance propre, identique à la lettre en tant qu'absente. Au point que l'instance de la lettre finit par prendre toute la place, dans la théorie, dès lors que cette place doit être laissée vide dans la pratique : la lecture de Nassif aura pu nous en convaincre. La lettre est la mise en abîme de ce qui manque dans la pratique analytique, dans ce que Nassif appelle son "praticable", de sorte que celui-ci est le négatif de la lettre. A ce compte la référence constante de Nassif au domaine du théâtre s'éclaire et apparaît même déterminante. Le théâtre peut être vu ici comme une extension sémantique de la lettre, mais surtout comme accompagnant de bout en bout la démarche analytique et théorique. La psychanalyse pourrait-elle se passer de ce contrepoint culturel fondé également sur l'exclusion de la lettre et cependant éminemment littéraire, car supposant l'écriture ?